Modeste proposition pour le nouveau confinement

Jamais deux sans trois. La rumeur porte le confinement aussi sûrement que le gouvernement des mesures qui manqueront d’efficacité pour lutter contre le virus. Conscient des difficultés extrêmes de la situation, je me propose d’aider la majorité au pouvoir en suggérant de nouveaux moyens de lutter contre la pandémie plutôt que de réclamer des lits d’hôpitaux aux côtés de la racaille crypto-marxiste.

En premier lieu, en citoyen respectable, je trouve encore scandaleux que nombre de nos compatriotes osent propager le virus en continuant de se rassembler pendant les pauses déjeuners et les pauses cigarettes. Je propose donc que ces temps improductifs et non essentiels fassent désormais l’objet d’attestations signées par l’employeur qui pourra organiser le roulement nécessaire. Il devrait d’ordinaire paraître évident que nos précieux camarades aux commandes de l’économie doivent posséder des responsabilités renforcées dans cette période sombre de notre histoire économique. Qui mieux que des entrepreneurs pour entreprendre ?

Deuxièmement, pour lutter contre la gronde des adorateurs du cinéma et des théâtres, des séances et des représentations seront organisées en plein air et si possible sous la pluie afin que la bourgeoisie de gauche puisse faire la démonstration de son attachement au monde de la culture. Ces premières expérimentations seront une étape importante de la privatisation de l’espace public que nous devons mener à terme. De plus, ces fanatiques du vers et du septième art sont de véritables promoteurs de manifestations. Il vaut mieux éviter à ce stade de prendre le risque de créer de gigantesques rassemblements qui ne manqueront pas de contaminer nos forces de police.

Pour répondre aux restaurateurs qui ont exprimé leurs inquiétudes, nous pourrions les autoriser à ouvrir leur porte entre trois et quatre heures du matin. Ce compromis servira bien entendu à accueillir les boulangers, travailleurs essentiels qui possèdent l’avantage d’être assez peu et donc ne risquant pas de transformer les établissements les recevant en clusters.

Enfin, il nous faut trouver une solution plus adéquate que l’entassement populacier dans les réseaux de transports pour se rendre au travail, sourire aux lèvres. Afin d’inciter à la marche à pied et la poursuite de trajets à l’air libre, les employeurs seront tenus de rembourser à hauteur de 50% la dernière paire de baskets achetées par leurs collaborateurs piétons. Cette mesure de soutien au marché de la chaussure peut être conçue également comme une politique de relance d’un secteur économique qui a perdu pied.

Avec cette modeste proposition, le confinement saura être, j’en suis certain, une partie de plaisir pour toutes et tous. Il sera toujours temps de revoir sa famille à Noël à l’occasion de l’exception annuelle accordée gentiment par le gouvernement.

 

Paul Elek

Une réponse

  1. J’ajouterais, au moment où se poursuit la planification du projet « Grand Paris » avec une énorme pression des promoteurs, que nous devons AUSSI veiller à un urbanisme global qui place l’humain au centre (et non les profits). Les schémas urbanistiques actuels sont ségrégatifs socialement, absurdes environnementalement, épuisants par leur zonage technocratique (Habitat – Emploi – Commerce – Loisirs et presque rien pour la nature qui devrait, à mon sens, être partout. En plus du partage des fruits du travail, les populations ont droit aussi à un cadre de vie agréable, respectueux de tous, où « il fait bon vivre ».

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