M’explique pas la vie Mec ! Rokhaya Diallo-Blachette

 

A la fin de ce livre-BD Rokhaya Diallo remercie sa famille et ses amis qui, chaque jour, l’encouragent et la poussent à déconstruire tant de croyances limitantes. C’est il me semble tout l’objet de ce livre. Aider à déconstruire ce qui paraît évident, acquis et qui permet à la société patriarcale de perdurer, de se renouveler.

Un livre adressé autant aux hommes qu’aux femmes mais qui peut aussi permettre d’en discuter avec les enfants. Les auteures convoquent l’humour, la diversité de race, de genre, le handicap des personnages pour aborder un ensemble de situation vécues, de comportements masculins qui invisibilisent les femmes.

En effet les questions abordées peuvent pour certaines paraître mineures, superficielles mais comme le disent les auteures « c’est parce que nous considérons que le patriarcat est un spectre qui s étend des violences symboliques et verbales aux violences physiques ». Loin d’elles l’idée de généraliser, « il existe des exceptions » bien évidemment, surtout parce que les femmes ne cessent de lutter pour cela, « mais elles n’invalident en rien le fait que nous analysons un mouvement de fond perceptible par tou.te.s. nous présentons ici les mécanismes inscrits dans notre ordre social. »

Le Mansplaining ou Mecsexplication comme le disent les québecois.e.s (quand un homme explique à une femme ce qu’elle sait déjà), manterrupting (quand un homme coupe systématiquement la parole à une femme) et manspreading (quand un homme prends ces aises par exemple dans les transports en écartant les jambes), ces notions sont expliquées par les auteures au travers de mise en situation dans la sphère privée ou la sphère publique. Des situations que chacun et chacune d’entre-nous vivent au moins une fois par jour voire plus.

Dans une période ou le débat public voudrait imposer un mode vestimentaire aux femmes, une tenue républicaine aux collégiennes, lycéennes et étudiantes, les auteures disent « de quoi je me mêle, mon corps m’appartient » et à ceux qui se découvrent styliste comme le JP du livre, considérant que tel vêtement n’est pas décent et qu’il est provocant, elles montrent avec ce livre que nous pouvons choisir d’éduquer nos enfants dans la tolérance et le respect de l’autre.

Si aujourd’hui on nous explique à nous les femmes que le féminisme avant c’était mieux, que les militantes d’aujourd’hui sont trop radicales, trop ceci et pas assez cela Rokhaya Diallo et Blachette paraphrasent « le regretté Aimé Césaire : « les féministes t’emmerdent ! Cher JP »

Merci à vous deux, ce livre est une mine de situations et de conseils diffuser avec humour. C’est du bonheur à partager.

 

Marie-Pierre Boursier

 

2 réponses

  1. Hoarau dit :

    Il est tout à fait déplorable que vous promouviez l’entrepreneuse d’identité Diallo. Si ça continue, je me retirerai du Fil.

  2. Lucie Néma dit :

    J’ai bien aimé cette BD que j’ai trouvée très juste. Je partage votre analyse.

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