Sur l’état d’urgence permanente

Samedi 24 octobre, l’état d’urgence sanitaire a été prorogé de trois mois. Certains seraient tentés de nous faire passer cet acte comme un détail technique, un outil de saison dans la crise continue que l’avènement de l’épidémie a provoquée. Ces derniers mois, la scène politique semble être un tunnel sans fin où les déclarations d’hier s’oublient dans l’incertitude de celles de demain. La deuxième vague est là, les reports d’hospitalisation et d’interventions chirurgicales menacent l’horizon de notre système de santé et on en est toujours là, débordés, employant les mêmes méthodes. 

Cette fois-ci ce sera le couvre-feu, il est toujours lieu de travailler mais plus d’aller au cinéma, au restaurant, dans un théâtre. La vie sociale comprimée, les restrictions de libertés renouvelées, et un premier ministre qui déclare que “le meilleur moyen de soulager l’hôpital, c’est de ne pas tomber malade”. L’on marche sur la tête. L’état d’urgence permanente empêche de prendre toute décision qui viserait à briser le statu quo terrible du présent. Rien pour l’hôpital donc, et la sensation de perdre prise sur le cours des décisions, sur celui de nos vies raccourcies.

Au terrible attentat de Conflans-Saint-Honorine a succédé la valls, désormais habituelle, des propos outranciers qui mettent de l’huile sur le feu dans un pays à cran. Même après une attaque contre l’école républicaine, symbole par excellence nos institutions communes, notre société semble incapable de réagir avec clairvoyance. C’est de nouveau le règne de l’urgence, des annonces habilement distribuées au sein du cycle médiatique, et dont on doute qu’elles soient à la hauteur du défi d’une lutte implacable contre le terrorisme qui n’attente pas aux libertés publiques.

Les signes d’une instabilité permanente de la réponse politique s’accumulent. Nos dirigeants sont débordés et troquent à la petite semaine de fausses solutions contre une confiance qui leur échappe constamment. Dans leur rythme endiablé dans lequel nous maintient l’état de crise continuelle, ne pas succomber c’est choisir de reprendre la maîtrise sur le temps long, de ne plus céder à l’art du rafistolage de dernière minute, de la gestion en flux-tendu des activités humaines. Il faut imposer le calme après la tempête, opposer une sérénité de circonstance à la gestion panique des circonstances. En cherchant à imposer l’exception comme la règle, et à courir après l’urgence, le gouvernement s’agite mais nous révèle que le roi est nu. En 2022, envoyons leur un message, qu’ils aillent se rhabiller !

Clémentine Autain et Elsa Faucillon

Une réponse

  1. Rosemarie OSTER-GRELLETY dit :

    Trop de « coquilles » , de fautes de syntaxe et/ou d’orthographe dans ce texte pour le partager. Ce serait une mauvaise façon de montrer le sérieux du Fil des Communs. Dommage, le fond était utile.

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