McDo, le calvaire de la malbouffe

Quarante et un déjà que l’enseigne mondiale de la malbouffe est venue envahir nos villes avec sa célébration de l’american way of life. Dans tous l’hexagone c’est plus de deux millions de repas servis par jour, 74 000 employés et près de 1500 “restaurants” qui érigent tristement notre pays en l’un des meilleurs marchés mondiaux de l’enseigne. La piètre qualité de la nourriture révélée, n’y fait rien, la dynamique du géant américain est solide. Qui n’a d’ailleurs jamais succombé au piège de la restauration rapide, à sa facilité, son omniprésence ? Sous les mirages de cette modernité tapageuse, les conditions de travail de ses salariés sont au code du travail ce que les repas de la chaîne sont à la gastronomie.

Une enquête de Streetpress et de Médiapart révèle une nouvelle fois les coulisses du monde enchanté de McDonald’s en France. Pour servir les burgers à la minute et faire face à la livraison intense de repas, l’organisation du travail repose sur des rythmes inhumains, un turnover des salariés impressionnants et un harcèlement permanent. Reposant sur un recours organisé à des travailleurs précaires et qui n’ont souvent d’autres choix que de céder aux affres d’un tel emploi, le champion du fast food organise un véritable double discours. Pour les clients, à l’extérieur, l’enseigne n’hésite pas à investir dans d’immenses campagnes de com’ prônant l’inclusion (“Venez comme vous êtes) et la conscience verte (très fort pour une pro du gâchis). L’achat des imaginaires est un sport national pour les multinationales à l’éthique douteuse. Les témoignages de l’enquête en sont donc d’autant plus précieux. Derrière les murs, à l’intérieur, l’on trie les salariés selon leur poids, on leur parle “comme des macs à leurs prostituées”, l’on instrumentalise le physique des femmes dont la forte poitrine serait plus vendeur en caisse, on maquille les accidents du travail… Certaines salariées éreintées expliquent devoir se battre pour obtenir le droit de porter un pantalon à la place de jupes trop courtes qui leur sont imposées… 

Face aux récalcitrant.e.s,  la machine est implacable. Organisé sur l’utilisation d’un salariat aussi jettable que son plateau repas, McDonald’s force dehors toutes celles et ceux qui s’indigneraient du traitement qui leur est fait. Changer les horaires aménagés de salariés, pousser à la démission par le harcèlement moral ou sexuel, créer de toute pièces des fautes pour se protéger aux prud’hommes sont des pratiques courantes érigées en système comme le révèlent celles et ceux qui s’emparent de la parole. Le géant américain digère ses employés et offre à voir finalement un concentré de la violence déchaînée que peut réserver un cadre de travail sans foi ni loi que réserve notre société aux personnes aux parcours les plus fragiles. 

McDonald’s n’est pas une exception. Derrière les enseignes lumineuses et les mystifications marketing, le calvaire de la restauration rapide maintient dans l’enfer de ses fourneaux les prolétaires des services. Boycottons-les !

Paul Elek 

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