Nous sommes là ! 

À gauche, entre femmes politiques avec des responsabilités, on se compte, on s’écoute et on se parle. Alors que la concurrence s’est un temps imposée, la sororité est de plus en plus appréhendée  comme cœur et moteur du combat féministe, du combat politique. J’espère que progresse aussi l’idée que nous pourrions être bien plus diverse et que c’est un défi à gauche pour ne pas se parler qu’entre nous !

Mais quand même, voyons que dans le milieu, ne nous est pas épargnée la réalité machiste du rapport à la politique. Combien de photos de meeting avec une brochette de mecs et pas une d’entre nous ! Combien de remarques, d’attaques et des sous-entendus… Mais nous sommes là !

La une de Libé fait tout de même plaisir, mais ironie du sort, c’est sous l’angle de la “femme providentielle pour sauver la gauche” que le journal promeut une couverture 100% féminine. Faut-il y voir une mutation féminine de la personnalisation en politique ? La cinquième République semble nous y enfermer… Libération fait sans doute quand même une erreur. Une femme ne sauvera pas la gauche. Des femmes ? Peut-être. En réalité, nous avons besoin d’une onde de choc insurmontable. Après la déferlante #Metoo, il semblerait que l’époque soit prête à s’en charger, à s’y atteler de nouveau, comme des générations de femmes, de militantes féministes avant nous. Si la place d’une femme en politique devait amener un tournant particulier, c’est celui d’en déconstruire le parcours de la combattante qu’est celui aujourd’hui de l’engagement des femmes. Des tabous ont été brisés sur les violences sexistes et sexuelles dans les organisations, des initiatives ont fleuri en vue d’établir une sororité au-delà des appartenances partisanes mais le gros du travail demeure. Redessiner le cadre, ses coutumes, ses pratiques, ses habitudes n’est pas une mince affaire. Nous espérons que cela sera l’oeuvre de toutes.

Un deuxième détail devrait frapper dans cette une. Comme chez les mecs, beaucoup d’options, trop d’options, alors que le sombre scénario d’un 2022 qui ressemble à 2017 s’approche de l’horizon. Avant d’être candidates au sauvetage de la gauche où d’un quelconque projet, demandons-nous comment mettre le quoi avant le qui. C’est cette démarche persistante qui nous a amené à lancer le Big Bang avec d’autres. Rassembler sur des objectifs, discuter sur des propositions, ne rien abandonner quand rien n’est encore fait. C’est la seule solution pour donner à notre gauche le sursaut qu’il lui faut pour rompre avec la défaite. Que la prochaine une célèbre ou non la victoire que nous espérons, rien ne nous poussera dehors. Nous sommes là !

Elsa Faucillon 

5 réponses

  1. geneviève grolleau dit :

    et les mêmes ne manqueront pas de se réclamer de traditions chrétiennes … aimes ton prochain comme toi-même ( au hasard )

  2. Nicolas Venault dit :

    La seule façon de maintenir la pression en faveur de l’union nécessaire de la gauche est de poursuivre cette dynamique d’union, par des tribunes et des réunions publiques. J’ai proposé à Clémentine Autain de poursuivre cette initiative du Big Bang à gauche par une prochaine réunion au Havre. Merci pour votre engagement.

  3. Baillot philippe dit :

    Signalons quand même qu’à la tête du mouvement Génération.s il y a actuellement deux coordinatrices. Comme quoi certains partis prônent des idées et les respectent

  4. Joëlle Pitkevicht dit :

    Un délire de journalistes en mal de sujets accrocheurs ; décidément, cela ne s’arrange pas à Libé ! Nous sommes là, comme vous dites ! Et nous sommes attentives à ce que personne ne détourne l’attention vers une personnalisation, fut elle féminine. Cependant, la domination masculine avec tous ses travers est toujours dominante dans la sphère politique, nous l’avons bien vu avec l’épisode « Christophe Girard » à la mairie de Paris : qu’est ce que l’on défend ? Quelles sont nos valeurs et quels sont nos combats ? Je ne doute pas que ces questions vous occupent ; elles doivent être centrales dans les débats et résolutions à venir.

  5. […] Nous sommes là !  Par Elsa Faucillon (Le fil des communs) […]

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