Une rentrée “normale” ?

Le ministre Blanquer intimait aux personnels de l’éducation nationale une rentrée « normale » ou la « plus normale possible ». Après des années d’austérité, de confrontations aux personnels sur les programmes et le pédagogique, les réorganisations désorganisatrices, à quelle normalité nous sommes-nous habitués? Des classes surchargées, des retards d’affectation, des emplois du temps à trous géants et désormais le masque dont la fourniture imparfaite semble appeler les personnels à la débrouille…

Tout le monde est content de voir les enfants reprendre le chemin de l’école, les enseignants sont plus mobilisés pour que cela se passe au mieux. Ils aimeraient aussi avoir le temps et les moyens d’analyser les effets du confinement, d’avancer sereinement. Indépendamment des problèmes liés à la crise sanitaire, et des adaptations qu’il nécessite, l’Education Nationale couve un malaise profond que le gouvernement semble ignorer comme il l’avait fait pour l’hôpital. Les enseignants et les personnelles le répètent, nous sommes bien face à des problèmes de ressources humaines, de manque de moyens et d’organisation. Encore une semaine où l’on apprend qu’il n’y aura pas de création d’un nouveau CP alors que les trois CP de l’école tournent à 16 -17 élèves là où ils devraient être 12… Encore une rentrée où l’on charge les classes de CM1-CM2 à 30 élèves pour garantir des CP et CE1 à 20 élèves… Est-ce vraiment utile sur le plan pédagogique et sanitaire ?

En cette rentrée, et après la période anxiogène vécue par tous, nous pourrons encore compter sur celles et ceux qui concourent à la réussite de nos enfants. Comme d’habitude, les déclarations d’intérêts à leur égard se perdent dans les méandres de la communication du gouvernement. Chaque année, Blanquer parle d’augmentations de salaire, de reconnaissance pour chaque fois décevoir des personnels qui n’y croyaient plus. Nous voulons plus d’un retour à la normale, il serait synonyme d’un renoncement à répondre aux besoins. Blanquer passera, pas notre volonté de faire disparaître ses sombres projets.

Elsa Faucillon

Une réponse

  1. Philippe SCHEPENS dit :

    Non, je n’aime pas cet article. Je suis heureux d’être aujourd’hui à la retraite et n’avoir pas à faire cours avec un masque sur la gueule et devant des étudiants masqués. Et ne pas prendre en compte cette donnée de base est d’une stupidité confondante. Vous me mettez dans une colère noire avec ce déni constant de ce qui se passe réellement. Parlez-vous avec des collègues ? Parlez-vous avec les enfants ou les étudiants qui doivent vivre cette expérience ? Ce déni est honteux. Et je précise toujours que je suis depuis toujours un militant de gauche.

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