Clémentine Autain a lu « La fabrique du consommateur » d’Anthony Galluzzo

C’est une histoire fulgurante. « En deux siècles seulement, la communauté paysanne autarcique s’est effacée pour laisser place à une myriade de consommateurs urbains et connectés », écrit d’emblée Anthony Galluzzo. Le spécialiste des cultures de consommation a retracé dans un livre passionnant deux siècles de constitution du pouvoir marchand. Des premiers grands magasins aux hypermarchés, de la publicité au marketing, la marchandise s’est imposée comme une valeur-signe. Le régime de la consommation, qui est un mode d’organisation sociale, a bouleversé nos représentations et nos pratiques. Toute une série de transformations techniques, comme la conteneurisation ou l’informatique, ont densifié les flux de marchandises et transformé nos désirs. Ainsi est né l’hyperconsommateur contemporain. La dépendance, nous dit Anthony Galluzzo, n’est pas simplement matérielle, elle est aussi profondément culturelle : « Notre mentalité de consommation est l’eau dans laquelle nous nageons, c’est une « déjà-là, qui nous semble tout à fait banal et naturel ». C’est l’aboutissement d’un processus historique que ce livre met remarquablement en lumière.

Clémentine Autain

Anthony Galluzzo, « La fabrique du consommateur. Une histoire de la société marchande ». Zones, 2020, 259 pages, 19 euros.

Une réponse

  1. Joël Luguern dit :

    Chers amis, il faut écrire  » nos recommandations » avec un « a » et non pas « nos recommendations » avec un « e »…
    Salutations.

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