De l’audace, encore de l’audace, beaucoup trop d’audace ?

Emmanuel Macron est passer du tout au tout. Le contraste entre le discours martial et angoissant du début du confinement et l’exercice féérique auquel le Président s’est livré dimanche soir est saisissant. La période avait exacerbé la tension dans l’hôpital public, saturé et reposant sur des personnels pressurisés. Les inégalités sociales et territoriales sont apparues à vif dans cette étrange suspension que fut le confinement. L’incapacité de l’Etat à organiser la production de masques ou de tests fut sidérante. Et maintenant, l’arrêt d’une partie conséquente de l’économie débouche sur une tempête sociale violente, qui n’en est qu’à ses débuts. Mais pour Macron, tout a été fait, tout va bien.

Dimanche soir, sous les enjolivements, le discours ne pouvait être plus clair. Les solidarités et les aides nécessaires ont été apportées, il est temps de repartir “produire et travailler davantage”. L’on a frôlé le retour du gaulois réfractaire, plus dissimulé cette fois-ci par une sorte de “je vous ai compris maintenant comprenez-moi” d’un Président autosatisfait. Comme s’il voulait marquer encore davantage son décalage, après ses déclarations aux accents faussement sociaux, écologistes et solidaires, Emmanuel Macron a rappelé qu’il était un homme de droite. Il a répondu aux manifestants de la place de la République par l’accusation de séparatisme et de communautarisme. Le Président a soutenu en bloc et sans sourciller les forces de l’ordre, sans un mot pour dénoncer le racisme et les violences policières. Dans ce discours plus qu’audacieux, le Président de la République s’est en réalité subtilement mis dans les starting-block pour 2022.

Il reste deux ans. Deux ans de vigilance et de lutte pour saboter la violence de son agenda néolibéral et productiviste qui va venir s’abattre au même moment où progressera la crise économique. Deux ans aussi pour construire une issue de progrès humain fermant le cycle macroniste et barrant la route à l’extrême droite. Déconfinons à gauche. Vite.

Clémentine Autain et Elsa Faucillon

3 réponses

  1. SEYER dit :

    Bonjour,

    D’abord une remarque anecdotique « est passer » passerait mieux en l’écrivant « est passé »

    Ensuite je voudrais vous dire que je ne comprends plus bien la prolifération quasi exponentielle des groupe, AG, collectifs, coordinations….. qui toutes/tous font le même constat du désastre socio-economico-écologique, recherchent /proposent des « solutions » souvent proches, parfois éloignées mais pas rédhibitoires pour créer un front uni anti libéral. Cette dispersion des « rebelles » me paraît être une erreur politique grave pour deux raisons au moins :
    – le/la citoyen.ne.s non engagée est perdu.e
    – les forces militantes s’éparpillent et s’affaiblissent.
    Pour ma part; et sans faire le vieux schnock qui sait tout ou qui radote sans cesse un « de mon temps…. »insupportable pour de jeunes oreilles, je me permets fort de mes 55 ans de militantisme syndical et politique de suggérer humblement d’aller plutôt dans le sens de fédérer toutes les structures « rebelles » (appelons-les comme ça) anti-libérales, plutôt que de mettre encore en place une énieme « structure ». Un truc qui pourrait s’appeler, je sais pas moi, « Le Front de Gauche » par exemple !!!
    Bien soro-fraternellement
    Patrick
    Grenoble

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