Christian Jacob et les violences policières : Ni vues, ni reconnues

Les Français.e.s commencent doucement à profiter du déconfinement et à sortir de l’horrible “distanciation sociale” pour lui préférer la distanciation physique, bien plus saine. Alors que l’on reprend goût à sortir et aller à la rencontre de ses proches, Christian Jacob, lui, vit depuis des années confiné dans le monde féérique d’Eric Ciotti. En cohérence, il a déclaré le 7 juin sur Europe 1 : “Des violences policières en France, cela n’existe pas, c’est un mensonge.”

Le chef de file des Républicains a besoin d’un petit peu d’aide pour atterrir. Rappelons-lui qu’en une semaine, après l’immense démonstration de force de la famille Traoré devant le TGI de Paris, la France s’est découvert un problème de confiance dans sa police. Ne pas vouloir regarder la violence policière en face est la stratégie de déni que l’on connaissait chez les syndicats de policiers et chez la droite dure et extrême depuis quelques années. Depuis le 25 mai, Christian Jacob a dû passer à côté de l’interpellation d’Adama Touré dans le 20ème arrondissement au moyen d’un placage ventral violent ou du passage à tabac du jeune Gabriel, 14 ans qui a risqué d’y perdre un oeil et y a laissé quatre dents. Les policiers annoncent avoir trébuché par accident sur son visage. Nous voilà rassurés, Christian Jacob n’est pas confiné tout seul.

La mort de George Floyd aux Etats-Unis a aiguisé les esprits et la presse s’est enfin emparée à bras le corps du sujet des violences et pratiques racistes de la police à une échelle conséquente. Lorsqu’on creuse on découvre alors de vastes réseaux de policiers acquis au suprémacisme blanc, ayant hâte d’en découdre et attendant la “guerre raciale”. Le site Street Press produit une enquête sur un groupe facebook de 8000 membres des forces de l’ordre ou apparentés qui échangent en véritable ligue fasciste. Le site Médiapart avec Arte révèlent eux l’existence de groupes whatsapp où des policiers discutent du nombre d’armes qu’ils ont mis de côté pour le jour J en faire usage contre les non-blancs pour utiliser un vocable moins cru que leur logorrhée raciste effroyable. Où sont les dénonciations des “factieux” chères à Castaner pendant le mouvement des gilets jaunes? Beauvau va se charger de travailler à la déontologie du métier, quel chantier ! 

C’est sans doute aussi ça la violence policière, l’impunité constante quant à leurs actes de barbarie et le tournant fasciste qui s’empare d’individus plus que nombreux au sein des services de police. En attendant, le conseil municipal de Minneapolis a déclaré démanteler à terme son département de police et vouloir construire avec les populations un nouveau système de sécurité collective, en redirigeant pour le moment certains de ses financements vers des programmes sociaux. En France, Christian Jacob préfère croire qu’il s’agit d’une nouvelle série Netflix.

Paul Elek 

 

Une réponse

  1. Denis Bailhache dit :

    C’est vrai qu’en qualité d’ancien dirigeant de la FNSEA, Jacob n’a pas trop connu de résistance ni de violence de la part des forces de l’ordre dans leurs manifestations.

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