Une triste reprise

Depuis lundi, on peut s’entasser dans le RER B pour aller travailler mais les parcs sont fermés. On peut consommer dans les magasins en respectant la distanciation sociale mais pas aller au cinéma avec les mêmes règles. Beaucoup dénoncent la flagrante incohérence mais ayons conscience qu’elle est guidée par un choix de société. Le plaisir, la joie de vivre, l’enrichissement culturel ne sont visiblement pas au programme du gouvernement. Dès le départ, on l’avait bien deviné, c’est le retour au boulot qui obsède le gouvernement et ses partenaires du Medef et des grandes entreprises. S’il faut se lancer dans une reprise invraisemblable de l’Education nationale sans moyens ou avec des conditions impossibles à réunir tant pis.

Infantilisés dans le confinement, nous voici maintenant punis. Sans masques gratuits pour toutes et tous, notre liberté prend un nouveau coup. Confinés pendant plus d’un mois, notre retour à l’extérieur du domicile et en dehors du boulot se fait par le seul prisme par lequel ils daignent nous reconnaître : celui de consommateur. Quel triste présage de la vision de nos dirigeants. Parfois, un peu naïvement on se dit qu’il manque de poésie et de philosophie dans ce monde peint en gris. Heureusement, les solidarités formidables qui se sont mises en place, l’engagement des femmes en première lignes, la résilience collective ont mis des couleurs dans nos vies. L’orage porte en lui l’arc-en-ciel aussi sûrement que nos luttes pavent la voie du monde d’après.

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