Capitalism is back !

Chers clients, chères clientes,

La terrible pénurie semble terminée avec la disponibilité des fameux masques. Couturiers et couturières de tous les pays, reposez-vous !  Le capitalisme, après un petit problème technique, est de retour. Pourquoi encore faire trembler la machine à coudre quand les grandes surfaces peuvent aujourd’hui vous offrir une gamme de produits pour tous les prix pour satisfaire vos plus folles attentes !  

Dans un élan de gauchisme, le gouvernement a tout de même plafonné le prix du masque chirurgical à 95 centimes. Cependant, pour le masque grand public “comparer les prix ne serait pas légitime tant il existe de masques de qualités différentes” a lancé avec raison la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher. Décidez vous pour un tissu, estimez la qualité et choisissez vous-mêmes votre protection, soyez libres ! Les grandes surfaces, après vous avoir nourri sont heureuses de vous offrir cette opportunité de retrouver le bonheur d’ouvrir son porte-monnaie. 

D’où viennent ces stocks soudain du nouveau produit incontournable ? De la bonté d’un capitalisme qui revient à point nommé. Quand la réquisition étatique prend des airs d’immense cafouillage, le marché lui, assure. Du côté des pharmacies ça gueule un peu, eux qui les recevaient comme les distribuaient au compte goutte. Ils s’étonnent aujourd’hui du retour de l’abondance. Foyers du bolchévisme de nos sociétés modernes, les voilà encore à critiquer une réponse, certes tardive, qui protégera la santé de nos consommateurs-citoyens. Rappelons-nous qu’ils font leur chiffre d’affaire quand nous sommes malades et qu’ils n’ont pas fermé pendant la crise ! Chaque guerre a ses profiteurs… 

Pourquoi devrions-nous accepter la dictature du masque jetable bleu fluo quand avec Casino, Monoprix ou Lidl nous vous promettons des masques réutilisables ! S’il advenait que le port obligatoire s’inscrive dans le temps, espérons pour le mieux. Peut-être que les meilleurs designers de l’époque se chargeront par leur puissance créatrice de nous épargner l’affreux spectre d’uniformisation qui hante l’Europe. C’est qu’on voudrait nous voir tous unis, semblables, prêts à mendier gratuitement ce nouveau bien de consommation. Si l’Etat commençait à répondre aux besoins des populations, où s’arrêterait-il ! Ce serait d’abord les masques et la faillite de l’industrie textile, puis les médicaments et la mort des laboratoires de leurs vaccins et leur remèdes. Pire, se pourrait-il qu’on nous impose la sobriété dans nos accoutrements et nous infligent l’horreur de s’habiller en tweed et pantalon velours comme à peu près tous les professeurs de français, au nom de l’esthétisme écologique ? 

Tenez-bon. En vous délestant de quelques euros pour l’achat de vos masques, vous investissez dans la liberté et le marché, derniers remparts contre le totalitarisme bien pensant du solidarisme gauchiste et dans son sillage le retournement invraisemblable de notre champion de 2017. Liberté, Consommation, Respiration !

Votre bien aimé Président Directeur Général de la Start-up Nation,

 

Jean-Michel De Beaumarché

 

Source : une lettre presque reçue par Paul Elek

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