Confinement : montrer patte blanche ? 

La France est en apnée, même si Zemmour s’y essaye, pas une brève sur l’islam, pas un fait divers sur les musulmans. La France prend-t-elle une respiration salvatrice en ces temps d’épidémie des troubles respiratoires ? Rassurons-nous, il est toujours possible de déprécier nos compatriotes dont le bronzage suspect indique leur probable transgression du confinement. Il suffit de mettre des gants et de respecter les gestes barrières, on va pas les traiter comme tout le monde quand même.

On pourra ainsi lire comment Florine et Malo, un peu négligents, persistent à faire leur jogging sur les quais de scène pendant qu’Abdelkader, beaucoup plus irresponsable ne respecte pas la santé collective dans son quartier sensible. Le charmant deux poids deux mesures passerait inaperçu si la répression ne prenait pas des couleurs aussi marquées. En France, pays des droits de l’homme et de la matraque, pour sensibiliser les populations, il faut les punir. Ne sortez pas, c’est 135 balles. L’amende, belle illustration de l’envie de vivre ensemble pleut ainsi sur notre beau territoire. La Seine Saint-Denis semble, par hasard, connaître des précipitations un peu au-dessus des normales de saison. Quand l’exécution fiscale ne suscite pas assez la solidarité, l’on peut compter sur la police. Les défilés de vidéos de violences policières qui envoient des jeunes hommes arabes et noirs à l’hôpital pour lutter contre l’engorgement des systèmes de santé n’émeuvent pourtant que peu, la France doit marcher au pas. 

Il y a des bons et des mauvais Français. Cela explique-t-il que les masques reçus à la Réunion et les Dom Toms sont moisis et périmés depuis des années ? Quand à nos immigrés, les vrais, sans-papiers et exilés, notre humanisme propose au choix de les renvoyer en Italie du Nord quand ils entrent dans nos belles Alpes-Maritimes ou de les enfermer dans des centres de rétention à la promiscuité déjà dangereuse sans crise sanitaire. Cette France démasquée ne s’étouffe pas dans l’honneur. 

L’empreinte racisme que confine la France dans ses politiques se révèlent dans l’infini continuum que tissent sa classe politique entre musulmans, français.e.s “issu.e.s de l’immigration” (depuis des générations, à quand la limite ?), celles et ceux qui n’auront pas l’occasion de le devenir grâce à leur renvoi express en charter, et les populations domiennes. Faut-il montrer patte blanche pour être traité dignement ?

Paul Elek

 

        

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