Arx tarpeia Capitoli proxima

Le monde du cinéma a ce week-end donné une image fidèle de l’hypocrisie à la française. L’académie des césars avait annoncé 12 nominations pour Polanski. C’est autant que les femmes l’accusant de viols ou de violences sexuelles… Une déclaration de guerre en quelque sorte. Venez pas nous faire chier avec vos histoires de femmes et de morale avait, en substance, déclaré son président Alain Terzian, porte-parole à cette occasion de l’assurance en France que rien ne saurait nuire à l’image sublime de notre production culturelle rayonnante.

Grâce à la mobilisation d’actrices et d’organisations féministes, il semblait pourtant impossible d’ignorer, une nouvelle fois, le souffle de vérité qui, dans le sillage de #MeToo, vient effacer les masques de la notabilité cinématographique. Alors, l’académie démissionna, promettant plus de transparence et de parité, dans un faux semblant d’apaisement qu’on offre régulièrement aux contestataires de ce pays. Ce nouveau “Je vous ai compris” sonne comme un ultime appel à bien la fermer et laisser le tragique suivre son cours. Adèle Haenel a raison : “Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde”.

Cinéma, sport, politique, combien de symptômes sont-ils nécessaires pour que la France se regarde en face et comprenne que sous ses apparats, l’odeur putride de sa charogne coupable n’échappe plus à personne ? Face aux trois prix reçus ce vendredi par le pédocriminel en fuite, beaucoup avec Adèle Haenel ont tenté de faire dérailler le cours de l’afféterie ambiante. De Florence Foresti brisant le tabou dès le début de la cérémonie à Virginie Despentes et sa salutaire tribune contre la violence en habits de cérémonie, sans oublier Aïssa Maïga venue rappeler à ce petit monde qu’il continue d’être un club de blancs reléguant les autres à des stéréotypes datés et racistes, ces empêcheuses de tourner en rond ont fracassé la respectabilité de ce petit monde.

Malheureusement, le déni de justice a fait l’étalage une fois de plus de son assise en France. Envers et contre tout, la morgue des dominants s’offre les césars de la meilleure disgrâce mais son temps est compté. Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne.

Paul Elek

Une réponse

  1. Michel POTOUDIS dit :

    On mélange tout: les plaintes, tribunaux sont faits pour rendre la justice. Les Césars ne sont qu’une cérémonie médiatique de promotion pour le cinéma. Les artistes ou techniciens qui ont voté pour un film ne sont pas complices des actes reprochés à son auteur pas plus que les spectateurs de ce film. Et cette cérémonie n’est pas le lieu pour régler cette question même si c’est l’occasion de s’exprimer sur des enjeux de société comme l’a fait Aïssa Maïga ou comme aurait pu le faire Adèle Haenel si elle avait reçu un prix.

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