“49.3 de rassemblement”

“49.3 de rassemblement” c’est ainsi que M. Laurent Pietraszewski appelle la volonté de passer en force du gouvernement. Le talent oxymorique du gouvernement n’a donc d’égal que sa capacité à faire l’unité des Français contre sa réforme. Dans le texte qui fera l’objet de cette procédure d’écrasement démocratique, 15 nouveaux articles, 7 ordonnances et des amendements repris ici et là font leur entrée. En France,  la loi se fait donc au bon vouloir du Premier ministre. Avec le faux semblant de débat qu’ils nous avaient organisé dans l’hémicycle, pourquoi s’étonner ? 

Le nouveau monde a une capacité indescriptible à ressembler à l’ancien. Les mêmes procédures, les mêmes arrogances et finalement la même politique. Une motion de censure de gauche a été déposée et devrait faire l’objet de débats ce mardi 3 mars à l’assemblée. L’intersyndicale appelle elle à manifester à cette occasion partout en France, certains d’entre nous seront à 17h devant l’Assemblée Nationale. Un an après les gilets jaunes, le mouvement social n’a pas à rougir de sa mobilisation. Entre les longues grèves du public et du privé, les manifestations massives et la démonstration de l’unité de tous les secteurs contre le projet de réforme, c’est donc vers une victoire à la Pyrrhus que s’oriente nolens volens la macronie. 

La bataille des retraites risque de se renfermer brutalement à la suite du 49.3. Cependant l’on ne gouverne pas contre un peuple. Les prédécesseurs de Macron en ont payé le prix, un quinquennat et dehors ! Comble de l’histoire, isolé dans son fantasme jupitérien, le Président ne voit pas que l’orage n’est pas passé et qu’en deux ans la foudre est tombée deux fois au même endroit. L’ambiance électrique et l’ébullition sociale du pays attestent aujourd’hui de l’enjeu majeur pour notre camps social :  préparer l’après Macron. 

Pour que la chouette de Minerve ne prenne pas son envol qu’au crépuscule, attelons-nous dès à présent à ne pas décevoir ce sourd espoir qui monte dans tout le pays. Nous n’avons plus le droit à l’échec. En 2022, ni Le Pen, ni Macron, victoire !

Frédéric Kalfon et Pierre-François Gron

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :