Rachida Dati Paris sur l’extrême-droite 

Mercredi 19 février, l’attaque de deux bars à chicha dans la ville allemande de Hanau fait 9 morts. Cet attentat d’un partisan du suprémacisme blanc vient s’ajouter à la longue liste du bilan du terrorisme d’extrême droite qui, sans susciter autant d’émules que son congénère islamiste, avance patiemment au sein cette compétition morbide. À l’exception de l’AfD allemand, personne ne s’était risqué à vouloir voir dans ce massacre l’acte d’un énième déséquilibré. En France, étonnamment on reconnaît un terroriste d’extrême-droite, mais surtout quand il n’est pas français. De qui fallait-il donc attendre un dérapage dans cette sérénité suspecte ? 

Sans doute de la candidate parisienne des Républicains qui a rompu avec l’apparente décence avec son majestueux, Angela Merkel “paie aujourd’hui au prix fort cette ouverture massive des frontières”. Eric Ciotti, toujours sur les starting-block de la sortie raciste, rage sans doute de n’avoir pu que renchérir sur Twitter, dépassé par la fulgurance de sa camarade du 7ème arrondissement. Mieux, au milieu d’une logorrhée assimilant immigration, délinquance et “dépossession de l’espace public et privé des Parisiens du nord et de l’est de Paris” par les nouveaux venus, Rachida Dati s’offre le mot “d’affrontements” pour qualifier l’odieux acte de mercredi dernier. L’on savait depuis novembre qu’elle avait le soutien provoquant de Jean-Marie Le Pen qui l’estimait digne de confiance, on apprend donc en février qu’elle en a la vision. Coincés entre l’extrême centre libéral et le bloc nauséabond de sa droite, les Républicains deviennent, jours après jours, l’expression grotesque du pire des deux. 

D’attentats en attentats qu’alignent les nervis de l’extrême-droite, pays après pays, la France porte sur le phénomène un regard extérieur, comme si elle était étrangère à ce terreau fascisant. Lorsqu’ils font référence au “grand remplacement”, c’est pourtant d’elle que s’inspirent ces fanatiques, ou plutôt de la petit musique qui s’est installée dans notre pays jusque dans les paroles des “belles personnes”. Comment ?! La France exportatrice de leurs idées terribles n’est pas une image qui sied à la patrie des droits de l’Homme, vous m’étonnez. 

Pourtant, un peu de déguisement linguistique suffit déjà à recycler leurs haines en politiques publiques. Ainsi, déportation prend le nom aujourd’hui de “procédure d’éloignement”, et pour désigner le lieu où l’on enferme ces nomades de la misère on emploie les termes plus correctes de Centre de Rétention Administratif. Difficile de lutter contre l’extrême droite quand on fait en même temps la loi Asile Immigration… A-t-on vraiment besoin des Dati de ce monde pour vomir la manière dont notre pays pense l’immigration ?

Paul Elek

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