Le radeau de la Méduse

Avec Macron, ça marche ou ça se casse. Pas de fronde tiède ou de mise en scène du désaccord, on s’en va bon an, mal an, grossir les limbes des non-alignés du parlement. Une quinzaine de députés LREM ont en effet quitté le groupe et le parti depuis le début de la mandature, six autres ont fait le choix de rester « apparentés En Marche » dans leur recherche d’indépendance.  Marcher avec Macron ça use, ça use les idées comme le dit presque la chanson de nos colonies de vacances. 

Qu’il est difficile de résister à la lecture du florilège de petites phrases délicieuses que les nouveaux déçus assènent à chaque départ ! François-Michel Lambert, parti il y a un an, fulmine dernièrement au journal de France 2 : “Entre le président Macron et les élus, les députés, il y a une sorte de cabinet noir d’une vingtaine de personnes qui ne sont pas élues ou juste des technocrates qui décident de tout (…) et qui nous disent qu’il n’y a pas à discuter”. Qui dit mieux ? Frédérique Tuffnell, elle, vient de partir. Elle fustige “un manque d’écoute” sur la réforme des retraites. Qui s’en serait douté ? Xavier Batut, lui, se demande comment une organisation peut travailler les municipales “sur des fichiers excel sans connaître les réalités du terrain” ? L’an dernier à peu près à la même période, Matthieu Orphelin quittait avec son collègue Lambert le groupe dont ils déploraient le manque d’ambition écologique alors même que Brune Poirson a participé à une manifestation climat et que le plastique à usage unique sera bientôt interdit, en 3025 après l’apocalypse. La vie est injuste ! Mais que veulent ces ingrats dont les critiques sonnent similaires, comme par hasard, à la logorrhée insoumiso-communiste scandée sur les bancs qu’occupent aujourd’hui la gauche descendante de la canaille régicide ?  

Une majorité au pas ou au banc ? Voilà la triste chronique d’une mort avancée. Peut-être pas tout de suite, sans doute pas en 2027, quand la simple évocation du nom Le Pen ferait encore élire en face une chèvre de n’importe quelle étiquette. Peut-on cependant penser que la politique dépassionnée, celle  des “eaux glacées du calcul égoïste” saurait être définitivement celle qui scelle le destin humain ? Eternel optimiste, nous faisons le pari que la puissance de ralliement d’une Idée peut soulever des peuples et des montagnes. En attendant la taupe de l’histoire, pensons l’Idée.  

Paul Elek 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :