Ambiance spéciale en commission

Deux semaines – seulement – à tenir au sein de la commission spéciale retraites. Deux semaines pour tenter de ralentir le bulldozer macroniste. Les député.e.s macronistes se sont montrés bien prompts à dénoncer comme un scandale démocratique la méthode d’obstruction de l’opposition mais ont révélé bien moins de zèle à défendre leur projet. Alors qu’alinéa après alinéa, le débat était ouvert sur le fond du projet, le mutisme des députés de LREM était frappant. Avaient-ils pour consigne d’éviter les bourdes, et donc de se taire ? Ont-ils plus simplement manqué de ferveur pour défendre un texte si contesté t impopulaire, et en prime truffé de trous, avec 23 ordonnances à la clé ? Dans cette lutte d’endurance, l’on notera le silence de l’extrême-droite, dont on n’aura pas entendu le son de la voix en commission, comme pour mieux entretenir le flou de leur propre logique qui n’est aucunement d’empêcher la capitalisation ni d’étendre les droits.

Entre humour de réécriture du texte – pour appeler un chat, un chat -, amendements de simple suppression et contre-propositions, nous avons jonglé dans une stratégie qui visait à révéler au grand jour l’injustice du projet, maquillée dans son enveloppe par une langue orwellienne et une étude d’impact – de la taille d’un dictionnaire à lire en une semaine ! – totalement faussée, notamment par un âge d’équilibre fixé ad vitam eternam à 65 ans ou des perspectives de croissance totalement hypothétiques. Le tout doit être entériné par une procédure d’urgence choisie par le gouvernement alors que tout invite à prendre le temps. Les comptes ne sont aucunement dans le rouge à court terme. Le pays est en ébullition. Pourquoi un tel passage en force ? Juste la volonté d’écraser le peuple en colère, avec au passage un mépris réaffirmé pour le pouvoir législatif.

Ce qui frappe au total, c’est l’ampleur du désastre programmé. Les Français ont bien compris le but final : faire des économies conformément à la sacro-sainte règle d’or sur le dos des retraités qui devront travailler plus longtemps pour des pensions moindres, et finiront progressivement par épargner dans le privé. C’est BlackRock qui jubile.

Clémentine Autain

 

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