Camouflet d’Etat

L’avis du Conseil d’Etat du 24 janvier sur la réforme des retraites prend la forme d’un camouflet pour le gouvernement. Il est facile de tricoter des éléments de langage sur les plateaux, plus difficile semble-t-il est de tromper la vigilance d’un corps dédié à l’analyse précise de la législation. La plus haute juridiction administrative du pays a ainsi déclaré ne pas “garantir au mieux la sécurité juridique” du texte. En d’autres termes, le projet ne semble pas offrir le caractère prévisible et compréhensif nécessaire à tout projet de loi. “Quand on explique et qu’on écoute, généralement on finit par comprendre” avait lancé à Pau le président Macron. Encore faudrait-il comme l’a rappelé le Conseil d’Etat que le projet de loi n’ait pas été modifié six fois pendant son examen… à moins que l’esbroufe macroniste n’ait trouvé une limite ? C’est fou le nombre d’idiots dans ce pays… 

Mieux encore, est reproché au gouvernement l’utilisation excessive d’ordonnances ce qui “fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme et, partant, de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité”. Décidément, les faits sont têtus, ne passe pas en force qui veut. D’ailleurs, les partisans de “l’équilibre budgétaire” – austérité pour les intimes- ont quelques déboires avec les calculs,  “les projections financières restent lacunaires”. Et, cerise sur le gâteau, la promesse faite aux enseignants de compenser la baisse de leur pension disparaîtra du texte, une loi ne pouvant enjoindre le gouvernement à légiférer en un sens ultérieurement, c’est anticonstitutionnel. Copie bâclée ou marasme ? 

La mobilisation populaire faisait déjà trembler l’édifice fragile de cette contre-révolution sociale macroniste, voilà que les grands corps d’Etat soulignent les arguments sensés de l’opposition !  En attendant que l’on sonne bientôt le glas de ce projet, nos solidarités vont encore et toujours à celles et ceux qui continuent de lutter pour un autre devenir et à celles et ceux qui font mentir au quotidien les sinistres projections de l’avenir.  

Elsa Faucillon 

Une réponse

  1. Denise ARNAULD dit :

    Envoyez moi le fils des communs sur ma nouvelle adresse mail

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