Iran ils en guerre ?

2020 année de la fin, pour le général Soleimani lâchement assassiné par les Etats-Unis en territoire irakien. Loin d’être un enfant de choeur, le militaire était cependant un homme fort du régime iranien. C’est donc en violant allègrement la souveraineté de l’Irak et en éliminant un dignitaire d’un pays représenté à l’ONU que l’oncle Sam commence tranquillement l’année. Derrière l’immense arrogance de ce geste impérial, un pas de plus dans l’escalade d’une guerre qui s’annonce. Si l’Iran est dans les radars des Etats-Unis depuis 2002 et la fameuse déclaration sur l’axe du mal du président Bush, il faut reconnaître à l’occupant actuel de la Maison Blanche une fougue rarement aussi franche dans la volonté guerrière. 

Alors qu’une sortie de l’asphyxie semblait poindre pour l’Iran avec la levée partielle des sanctions prévue par l’accord sur le nucléaire péniblement acquis après des années de négociation, Trump s’en est retiré l’an dernier pour retourner à une politique vindicative à l’égard de Téhéran. Le retour des sanctions a entraîné une forte crise économique et sociale profonde déclenchant  des manifestations contre l’augmentation des prix du carburant durement réprimées en 2019. On dénombre près de 1500 morts et 7000 arrestations selon les Nations-Unis. Rien de mieux cependant pour ressouder une société qu’une agression extérieure grossière à l’égard d’un des symboles de son rayonnement régional. 

La réponse ne s’est pas fait attendre. Le parlement irakien a voté en faveur d’un départ des troupes américaines du pays et les ressortissants américains sont désormais une cible dans toute la région où les relais iraniens sont désormais nombreux. Comble de l’histoire, cette exaction américaine a mis fin à la coalition internationale contre Daesh et les mêmes qui criaient naguère face à l’hydre islamiste sont relativement silencieux aujourd’hui. Pire, le président Macron a assuré de son “entière solidarité” les alliés de la France -comprendre Washington- tout en voulant “respecter la souveraineté de l’Irak”. Il persévère ainsi dans l’effort de Nicolas Sarkozy de faire de la France le commis de l’impérialisme américain tout en prétendant de nouveau jouer du « en même temps »… 

En réalité, les puissances occidentales sont déjà en guerre larvée contre l’Iran, notamment en vendant des armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis qui lui mènent une guerre par proxy au Yémen voisin et en persistant à vouloir s’ingérer dans ces choix de développement. La coopération contre le terrorisme dans la région syro-irakienne qui avait maintenu Téhéran dans les partenaires obligés du concert des nations touche à sa fin, l’escalade belliciste des derniers jours ne laisse ainsi rien présager de bon. L’Iran sera-t-elle la nouvelle cible des rapacités impérialistes de l’Occident ?

Paul Elek 

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