L’effronterie Darmanin

On connaissait le cynisme de Sibeth Ndiaye, la bêtise de Christophe Castaner, découvrez aujourd’hui l’effronterie de Darmanin. Quelques jours avant la journée de grève du 5 décembre, que nous espérons massive, c’est lui qui prend la tête de la une du JDD pour annoncer : “la réforme des retraites se fera”. C’est que le ministre de l’Action et des Comptes Publics a une place toute particulière dans la machine à broyer l’Etat social que déploie la macronie depuis déjà deux longues années. Gérald, c’est le sabreur, le comptable de nos vies et qui entretient indéniablement cette obsession droitière de la coupe budgétaire à la limite de la fillonnite aigüe.

Epris de la science dure qu’est devenue l’austérité budgétaire, lorsqu’il annonce que la réforme de la retraite ne pénalisera personne, il ment en toute bonne foi. Imaginez-vous avoir intégré psychiquement, jusqu’au plus profond de vous-même, qu’il n’y a pas de marges de manoeuvres financières ou budgétaires. Imaginez-vous que se serrer la ceinture n’est pas un choix politique mais le résultat naturel d’un état des choses, inamovible, indépassable. Alors, vous ne verrez plus les régimes spéciaux comme des avancées sociales conquises par les travailleurs pour les soulager de leurs durs labeurs, mais comme 8 milliards d’euros par an. Profs, cheminots, infirmiers, avocats, sont autant de labels qui peuplent les colonnes statistiques de son fade quotidien. Vous parlez souffrance, temps libre mérité, il répond soustraction, division. Son effronterie est calculatrice et lorsqu’il prendra sa retraite sans doute devrions nous plaider pour qu’un algorithme le remplace.

Darmanin est un syndrôme de la disparition humaine de la gestion des affaires publiques. L’extrêmisme macroniste naît de cette naturalisation de l’impossibilité d’autre chose, de l’irresponsabilité des dirigeants jamais coupables des crises advenues ou des choix qu’ils prennent. L’extrême centre ne survit qu’au moyen d’une adhésion totale à cette mystification, sous peine de quoi certains pourraient retrouver d’abord le goût de la vie, ensuite le sentiment de leur culpabilité. Finalement, de la bourgeoisie macroniste, c’est Karl Marx qui en parle le mieux lorsqu’il déclarait dans le texte prémonitoire du Manifeste du Parti Communiste : “Partout où elle a conquis le pouvoir, (…) Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. ”

Paul Elek 

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