Vous reprendez bien encore un peu d’islam ? Santé !

Le dernier sondage de l’Ifop pour le JDD a provoqué une douteuse hallucination collective et médiatique ce week-end. Alors que la proportion des Français.e.s  jugeant la santé comme sujet prioritaire monte à 82%, le cycle médiatique de la polémique permanente a voulu continuer sa lancée sur l’islam. Ne parlons pas  des milieux hospitaliers mobilisés comme jamais et qui devraient rejoindre la grève interprofessionnelle du 5 décembre. Taisons les risques réels pour la santé que posent les contraintes budgétaire sur ce service public, les Français.e.s s’y intéressent mais seul le sujet arrivé en dernier mérite l’attention. La santé est sans doute ainsi un de nos biens les plus précieux et les plus malmenés. Pilier de la fonction publique, l’institution de santé est pourtant victime de redécoupages sans fin, d’une baisse des personnels constante malgré le jeu des chiffres auxquels se livrent les gouvernements. 

Des femmes qui accouchent dans leur voiture face à l’éloignement des centre de soins, l’IVG restreint pour cause de fermetures des centres, des EHPADs où on fait la course pour subvenir aux besoins d’hygiène minimaux de nos ainé.e.s, l’attente interminable aux urgences, le renoncement au soin, voilà le tableau honteux que l’on peut dresser du “meilleur système de santé du monde” comme le veut le mythe bien français. Que dire alors à tous ces personnels excédés par la fatigue et la colère de ne pas connaître des conditions décentes de leurs métiers, de leurs vocations ? Tenez bon !  

S’il y a un domaine où l’on devrait penser l’humain d’abord, c’est le leur et nous ne pourrons faire l’économie d’une réforme complète du secteur. D’abord pour le protéger du marché qui a pénétré réforme après réforme, tant les logiques managériales des directions que la logique de financement des actes médicaux. Ensuite car consacrer la santé comme un droit dépassera largement le périmètre dans lequel elle est déployée aujourd’hui. De la médecine du travail à l’expertise médicale sur les questions environnementales nous devrons développer massivement les interventions médicales pour s’assurer d’offrir un vivre mieux véritable. Enfin, parce que le vieillissement de nos populations nous impose de ne pas laisser la prise en charge des personnes dépendantes comme l’on le fait aujourd’hui, en fonction de la taille du porte-monnaie.

Clémentine Autain 

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