Marlène Schiappa, espoir du prolétariat

Un spectre hante l’Europe, celui de l’origine populaire des ministres macronistes. Constatant dans un éclair de lucidité que les positions de pouvoir sont généralement en France occupées par des gens qui “ont fait les mêmes écoles, grandi dans les mêmes quartiers”, Marlène Schiappa a déclaré dimanche dernier : “Avec des gens comme moi et comme Sibeth Ndiaye, comme Mounir Mahjoubi, Emmanuel Macron a voulu changer le déterminisme social.” La nouvelle héroïne du prolétariat mondial a donc tenu tête face à tous les entêtés qui refusent encore d’apercevoir que le gouvernement Macron est celui du peuple, puisant parmi les classes populaires ses cadres pour diriger le pays.

Dans ce même entretien avec un média suisse, elle se lance dans une longue tirade faisant la généalogie de son extraction populaire jusqu’à ses parents profs, et chute sur une citation de Jacques Brel : elle ne “joue pas aux riches”. Heureusement, la modeste diffusion de la chaine helvétique a empêché que se propagent les grèves ouvrières en solidarité avec le gouvernement. Depuis 1936, difficile de se rappeler d’un effort si conséquent pour prendre enfin en compte ceux qui ne sont rien.

Des questions se posent pourtant. Est-il nécessaire d’être riche pour jouer en leur faveur ? Serait-il impertinent de lui rappeler qu’une douzaine de ces collègues au gouvernement sont des millionnaires ? Que dire des 60% de ces membres du gouvernement de 2019 qui ont été rappelés à l’ordre par le fisc pour des erreurs de “bonne foi” ? Vous me direz, on a tous déjà oublié dix milles balles par-ci ou par là… Ce que nous dit la camarade Marlène Schiappa est un message nouveau. Sachez-le, tout pauvre peut désormais servir les intérêts des riches sans le devenir, au moyen de la formidable fin du déterminisme social. Ce courage dans les nominations au gouvernement de personnalités modestes n’avait d’ailleurs que précédé de peu la disparition de l’ISF, preuve de la volonté d’équilibre du président de la République dans la politique poursuivie durant le quinquennat.

“J’ai une conscience de classe, je sais d’où je viens” ose clamer l’impertinente porte-parole des damnés de la terre, faisant pâlir de modération feu Maurice Thorez. N’est-ce pas finalement cela le drame macroniste ? La puissance de ralliement d’une bourgeoisie qui veut faire prendre des vessies pour des lanternes à ceux dont le passé voire le présent atteste encore qu’ils ne sont rien mais peuvent devenir tout comme le chantait l’Internationale. Derrière la farce Schiappa, difficile de ne pas deviner ce triste flirte avec l’espoir qu’entretiennent nos dirigeants auprès des classes populaires. Qu’ils transpirent le mépris de classe ne saurait être effacé par ces idiots utiles qui se prêtent au jeu des riches, mais il y-a-t-il de meilleurs rabatteurs pour l’extrême-droite que ces promoteurs de l’hypocrisie permanente qui jouent avec nos vies ?

Paul Elek

Une réponse

  1. « y-a-t-il de meilleurs rabatteurs pour l’extrême-droite que ces promoteurs de l’hypocrisie permanente qui jouent avec nos vies ? »
    TOUT est dit.
    Toute compromission avec lrem ou même avec tous ceux qui s’allient localement ou non, temporairement ou non avec lrem ruine évidemment toute crédibilité au discours et aux actes portés par les acteurs en cause.

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