Catherine Tricot a vu La Vie scolaire

Pour la seconde fois cette semaine, La Vie scolaire pointe en tête du box office. Le bouche à oreille fonctionne autour de ce film de Grands Corps malade et Mehdi Idir. On y participe : courez voir la vie de ce collège au cœur de la cité Franc-Moisin à Saint-Denis. Comédie, pleine d’humour et de fantaisie, ce film n’est pas une galéjade. Ici, pas d’exagérations et de caricatures. Tout en finesse, La Vie scolaire retrace le parcours quotidien des éducateurs, des parents, des profs, des collégiens dans ce moment charnière où se joue l’orientation scolaire et l’avenir professionnel d’une génération grandie en banlieue parisienne.

Le centre névralgique de La Vie scolaire est le bureau de la jeune conseillère d’éducation, nouvelle dans le métier, tout juste débarquée d’Ardèche pour suivre son compagnon… emprisonné à Nanterre. Ici tout le monde défile : les jeunes consignés par des profs excédés du chahut, les parents qui vont tenter de faire comprendre à leur môme les règles du jeu, les profs eux-mêmes désorientés… Ce point d’observation n’est pas mal : dans l’école et un pas de coté aussi. Il se joue beaucoup dans ce bureau pour tenter de redonner confiance aux jeunes, encore enfants, qui ne croient guère à « l’égalité de leurs chances ».

Le film ne cache rien de cette réalité qui conduit un seul de ces collégiens de 3° « sans option » en seconde générale. On y voit la misère et la débrouille, la solidarité et l’entraide aussi. On s’amuse, un peu triste, du sens visiblement abstrait et éloigné des cours d’histoire géographie. On se sent proche des parents qui ne parlent pas tous français mais qui, tous, veulent que leurs enfant réussissent à l’école. Le hors champ du collège n’est pas absent : le trafic de drogue comme issue possible, à moins que ce ne soit le rêve de monter un restau. La prison est omniprésente… La cité aussi où l’on se croise et d’où l’on converge joyeusement à l’heure de la rentrée : l’humour et l’astuce sont des armes de défense massive.

Grands corps malade a écrit un slam pour Saint Denis : « C’est pas une ville toute rose mais c’est une ville vivante. Il s’passe toujours quelqu’chose, pour moi elle est kiffante
J’connais bien ses rouages, j’connais bien ses virages, y’a tout le temps du passage, y’a plein d’enfants pas sages ». Il cosigne un film qui le montre. Un regard juste et sincère sur une jeunesse et une banlieue fantasmée et largement inconnue.

 

Catherine TricotUrbaniste à Franc Moisin 

 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :