Un parfum de Big Bang

© Andrew Brookes/Corbis

Entre l’odeur du bois brûlant dans le poumon de la Terre et l’odeur nauséabonde des premières déclarations sur la réforme des retraites, il n’est pas evident de saisir les raisons d’espérer en cette rentrée politique. Pourtant, qui a le nez fin pourra déceler un parfum de Big Bang qui se propage doucement mais sûrement.

Cet été, des prises de position et des dynamiques engagées pour les élections municipales confirment notre intuition. De la tribune “Créons l’archipel de la métamorphose écologique” (Libération, 19 août) à l’appel de François Ruffin à former un nouveau “Front Populaire”, nombreux sont les signes qui convergent : dans la gauche de transformation sociale et écologiste travaillée par ses responsabilités, la voie pour déjouer le piège du duo infernal Macron/Le Pen se cherche. Il est question de fédérer et d’inventer. Au coeur de cette quête d’une equation gagnante et émancipatrice, on trouve à la fois une volonté de convergence des univers citoyen, politique, syndical, associatif et culturel comme l’urgence de tisser un nouveau tout mêlant fortement préoccupations sociales et environnementales. Signe des temps, à Toulouse fin août, les dirigeants de la France Insoumise ont renoué le dialogue avec ceux d’EELV. C’est d’ailleurs dans la ville de Toulouse que s’invente un cadre innovant de convergences pour les municipales : “l’archipel citoyen”, tandis qu’à Marseille, le débat sur les formes d’une nouvelle unité est engagé. De Forcalquier à Romainville, on ne compte plus les villes où les tentatives de faire émerger des options larges et pluralistes sont en cours d’éclosion. À chaque fois, la volonté affirmée est non seulement la régénération de la proposition politique mais aussi la manière d’y intéresser et d’y associer bien au-delà des militant.e.s politiques déjà engagé.e.s.

Nous retrouvons dans cet air du temps l’air du cirque Romanès, où nous avions fin juin lancer une pierre dans le jardin de notre famille politique. Nous appelions à de nouveaux communs, dans un état d’esprit fédérateur et respectueux de la diversité, et donc de la vitalité d’un mouvement large à vocation majoritaire. Oui, il faut travailler de nouveaux communs, dans un esprit de pluralisme, élément clé pour fédérer des forces aujourd’hui atomisées, réveillées des énergies pour l’heure atones. 

Nous avons la conviction que les mobilisations sociales qui s’annoncent seront l’occasion de tisser des liens et de briser des murs. Nous avons dans le même temps la conviction que ces espaces de mobilisations réclament des constructions réellement consistantes pour prendre l’ampleur nécessaire, celle de victoire(s). Avec la bataille pour ADP ou celle des retraites, autour des défis climatiques ou du monde hospitalier, cette année s’ouvre avec des combats aussi urgents que décisifs pour poursuivre le travail de remise sur pied d’une espérance de progrès humain. 

Clémentine Autain et Elsa Faucillon

4 réponses

  1. Dominique FILIPPI dit :

    Acceptons en l’augure…Pour l’instant…ce que nous voyons ce sont des initiatives éparpillées le plus souvent issues du monde militant sans échos dans la France profonde et qui sont plus le fait de minorités éduquées, altermondialistes , plus ou moins intellos voire bobos…fort loin de la diversité de notre peuple. La seule issue pour sortir de la marginalisation c’est de sortir de la logique des minorités éclairées et cela passe par un renouvellement profond des personnes. Ces personnes ne veulent pas passer la main…d’où le solo des gilets jaunes…d’où le solo des processions syndicales…d’où les 6%…J’attends des dirigeants de LFI et de tous les groupuscules qui sont en orbite autour qu’ils remettent leur mandat à ceux qui les ont élu et qu’ils se présentent devant eux dans des agoras de vérité au niveau local. Les Gilets Jaunes et tous ceux qu’ils influencent alors écouteront et JLM et Autain et Ruffin et Quatennens….SINON C’EST DU VENT.

    • Alain Duez dit :

      D’accord globalement avec ton commentaire Dominique mais il faut me semble-t-il mettre le projecteur plus haut. Le problème le plus grave, c’est notre surconsommation qui, avec le temps, est responsable de la plupart des maux qui accablent notre monde. Alors mobiliser, oui. refaire un front populaire, oui. Mais en ayant le courage politique d’annoncer la couleur. Très vite, en montant dans la hiérarchie des salaires, pouvoir d’achat signifie pouvoir de détruire notre cadre de vie, co-responsabilité des guerres, famines, exodes.. Et oui ! C’est le logiciel qui a imprégné nos existences qu’il faut changer. Non, le fric n’est pas nécessaire pour réussir sa vie. Mais la société civile, en tant qu’intermédiarice du peuple n’est-elle pas globalement déjà trop embourgeoisée pour exprimer cela ?

      • Dominique FILIPPI dit :

        Avec l’apologie de la décroissance pourtant nécessaire ….on ne mobilise personne…sauf des intellos ou des idéalistes ou les deux…

  2. LONGERAY dit :

    Elsa et Clémentine
    avec l’espoirs que vos écrits et paroles soient entendus par toutes les forces progressistes
    Il y a aujourd’hui des municipalités de Gauche qui travaillent et se battent pour les services publiques comme dans la Sarthe Allonnes et Le Mans alors faisons tout pour les reconduire dans l’intérêt des concitoyens
    continuez vos écrits

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