Blanquer en version raciste

Caricature par Deloire

Lors d’un forum École et Nation en décembre 2017, Marine Le Pen avait déclaré : « Jean-Michel Blanquer reprend à son compte nos idées sur l’école. Je ne peux que m’en féliciter. C’est une victoire idéologique pour nous, et une défaite des pédagogistes, qui ont fait tant de mal au pays ! ». Elle n’avait pas tort tant la politique de l’actuel ministre de l’Education représente une régression réactionnaire. Comme si cela ne suffisait pas, Jean-Michel Blanquer vient de nous gratifier d’une sortie de route bien ignoble, bien raciste.

Voici la perle ou disons plutôt la boule puante : « Aujourd’hui, il y a plus de petites filles que de petits garçons qui ne vont pas à l’école maternelle pour des raisons sociétales. Et puis appelons un chat un chat, le fondamentalisme islamiste dans certains territoires a fait que certaines petites filles vont à l’école le plus tard possible, ou avec une assiduité plus faible ». Problème, cette affirmation est totalement fausse. Selon la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) du ministère de l’Education c’est même l’inverse : « Les filles sont plus nombreuses à bénéficier de la scolarisation précoce ».

Selon le journal Le Monde, l’explication est en effet assez simple : « les filles représentent certes un peu moins de la moitié des élèves des classes préélémentaires et élémentaires dans les écoles publiques et privées (48,9 % en moyenne). Mais ce n’est que le reflet de leur plus faible part dans les naissances : on compte environ 105 garçons pour 100 filles en France, rappelle la DEPP, ce qui fait que les petites filles ne représentent qu’environ 48,8 % de la population de leur âge ». Bref, pas la peine de convoquer le fondamentalisme islamiste pour expliquer ce que la démographie explique très bien.

Reste la question du pourquoi d’une telle sortie. Parler de « L’erreur de Jean-Michel Blanquer » comme le titre le quotidien Le Monde apparaît d’une bien grande mansuétude. Le ministre connaissait évidemment les travaux de la DEPP qui dépend de ses services, c’est donc bien d’un mensonge qu’il s’agit et d’un mensonge raciste.

Guillaume Liégard 

Une réponse

  1. Tristache dit :

    Votre argumentation est fausse car l’étude de la DEPP ne contredit pas la phrase du ministre. Blanquer évoque uniquement les cas « pour raisons sociétales » et non la globalité.

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