Parcoursup épisode 2 : Un film d’horreur signé Vidal

« Ça va bien se passer, c’est sûr ! », « Le site va tenir »….
Telles sont les formules magiques de la Ministre Frédérique Vidal ce mercredi 15 mai, jour tant attendu pour les 900.000 candidats en attente de propositions de la plateforme Parcoursup. Dommage pour elle (surtout pour eux !) : malgré ses formules incantatoires et ses discours qui se voulaient performatifs, Madame Vidal n’est pas douée de voyance. Et, entre sa prestation lénifiante sur RTL et le premiers problèmes qui ont jailli sur la plateforme, il aura seulement fallu attendre une poignée d’heures. Les bugs auront donc été bien plus prompts à surgir que les propositions pour les candidats qui, pour nombre d’entre eux, se retrouvent sur d’interminables listes d’attentes.On nous dit que, par chance, nous avons évité les incohérences de l’an passé. Ces anomalies qui avaient laissé perplexes tous les professeurs de mathématique en plaçant des candidats en 1.000.000ème position sur des listes déjà trop pleines, qui ne devaient en compter « que » quelques milliers. A la bonne heure, se sont réjouis certains. Mais c’était sans compter sur l’étonnante capacité du gouvernement à toujours faire plus fort, plus magique. Nous sommes devant un précipice ? Avec Macron et ses ministres, nous faisons la politique du pas en avant.Cette fois-ci, ce sont des propositions de formation qui ont disparu après avoir fait le bonheur des candidats. Ils auraient été plus de 70.000 à avoir subi cette violente déception, cruelle car inattendue. Des milliers d’étudiants qui ont cru mercredi obtenir le Saint Graal (enfin, nous parlons là d’une place à l’université), à l’avoir annoncé avec fierté aux amis et aux proches, à s’être projetés dans la filière de leur choix, à avoir préparé l’avenir. La douche qu’ils ont pris vendredi fut aussi froide que le mail leur annonçant la nouvelle, et a rincé leurs espoirs. La réponse favorable qu’ils avaient reçu n’était due qu’à l’incompétence de leur formation à comprendre la novlangue macronienne de ce deuxième épisode de cet affreux nanar qu’est ParcourSup.

Comment alors ne pas se sentir trahi et humilié ? Cette situation est honteuse pour la ministre, qui aurait dû avoir la décence de demander des excuses auprès des étudiants concernés. Mais comme on en a désormais l’habitude avec les tenants de la Macronie, une phrase pleine d’ « empathie » suit toujours les semblants de mea culpa. Là encore, nous ne sommes pas déçus : « En fait, la réalité, c’est que [cette formation], ils n’auraient jamais dû l’avoir ». A ce moment précis, le sentiment de trahison et d’humiliation se transforme en colère. Et à raison ! Chaque élève devrait pouvoir bénéficier de propositions correspondantes à ses choix d’orientation, tant qu’il a le bac en poche et les connaissances que celui-ci valide. Chaque élève devrait pouvoir devenir étudiant, en poursuivant dans le supérieur l’étude des disciplines de son choix.

Si cela est aujourd’hui impossible, c’est parce que ce gouvernement et les précédents, cette ministre et les précédents, n’ont eu de cesse de réduire l’investissement de l’État dans l’éducation. Et, à mesure que l’investissement se réduisait, les places manquaient, toujours davantage. L’an passé, seulement 20.000 places ont été créées, quand on a compté près de 80.000 candidats supplémentaires. Alors qu’il s’agit de gérer via ParcourSup cette pénurie par la mise en place d’une compétition généralisée, la ministre ose parler d’un système basé sur la « solidarité », du fait que les candidats se désistant laissent leur place à celles et ceux qui les suivent sur la liste d’attente. Étrange conception de la solidarité que voilà. Mais celles et ceux qui vivent sous le gouvernement actuel ne s’en émouvront pas, tant le refrain leur est connu.

Contrairement à ce que prétends la Ministre, ce ne sont pas des erreurs humaines qui causent les résultats ahurissants, mais bien au contraire la déshumanisation d’un système de sélection à échelle industrielle. Les rêves d’avenir des lycéens n’ont pas de prise sur les logiques austéritaires de ce gouvernement.

Théo Chevallier

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