La gauche XY

Faire le choix d’illustrer un problème en le rendant visible quitte à faire comme tous les autres qui n’y voient pas de problème, c’est le choix de Libé ce lundi 1er avril. En Une, 6 hommes de gauche – c’est en tous cas ce qu’on nous dit – chacun de leur côté, prennent toute la place.
Ce n’est pas un poisson d’avril, c’est une enième invisibilisation des femmes mais loin d’être identique à celle opérée par l’Obs la semaine dernière. Ici elle entend servir un propos, dénoncer la réalité brute de la désunion à gauche, « malgré des convergences de fond » nous dit le journal. Pourtant ces leaders ne loupent pas une occasion de se tacler en mode méchant !

En voyant cette Une, je m’énerve toute seule, mais pas pour ce que vous croyez. Quitte à nous exclure une fois de plus, je préfère encore que ce soit pour parler de cette mise à l’écart, de ce monde politique qui fonctionne en mode viril. Je m’énerve parce que ça me rappelle toutes ces réunions non mixtes (d’hommes) où je ne peux m’empêcher de penser : « ça doit être vachement important comme sujet » et évidement c’est le cas. Ça m’énerve parce que ça fait écho à cette fois où dans l’hémicycle, après avoir siégé plusieurs jours avec d’autres collègues députées, où nos groupes respectifs nous avaient confiées le « papier rose », celui qui autorise à suspendre une séance par exemple, eh bien au moment où il a fallu décider de la stratégie de l’opposition pour la suite de l’examen du texte, presque chimiquement ce sont des collègues députés qui se sont retrouvés entre eux dehors.

Ça me mets carrément en boule parce que ça me rappelle ce moment où j’ai vu 10 camarades de gauche, des potes, 10 mecs pour sauver une ligne de train. Ils se sont appelés entre eux cette fois et au dernier moment au moins l’un d’entre eux a pensé « merde y a pas de femmes, on va appeler Clementine pour la photo »…..Stooooop !!!!! Vous, mes camarades qui voyez se profiler un échec de la gauche aux européennes, un échec tout court, vous qui, avec nous, n’en pouvaient plus de cette Vème République, vous n’avez pas l’impression qu’elle est vachement plus confortable pour vous ? Comme le dit Esther, on se fait la guerre ou on coopère ?

Elsa Faucillon 

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