La blague de la semaine

AFP/ARCHIVES - JOEL SAGET


L’ambition affichée par Place Publique était de haute volée : regrouper pour les élections européennes l’ensemble du spectre politique compris entre la France Insoumise et la République en Marche. On allait voir ce qu’on allait voir, fini les petits arrangements d’arrière cour, les tambouilles obscures, place à la politique autrement, bon quand même si l’accord pouvait se faire derrière Raphaël Glucksmann c’était quand même mieux, faut pas déconner hein !

Parti Socialiste, Génération.s, PCF et EELV étaient donc supposés s’entendre avec le farfadet médiatique. Las, quand la bise fut venue, Place publique se trouva fort dépourvue. Jadot sait bien que les élections européennes sont L’élection des écologistes et pense qu’il peut écraser tout le monde tout seul, Hamon n’a pas quitté le PS pour faire liste commune avec lui dès la première sortie, quant à la nouvelle direction du PCF, élue sur une ligne d’auto-affirmation, l’alliance avec les béats de la construction européenne n’avait rien d’évident.

Restait le cas du Parti Socialiste, en panne d’idée, d’incarnation et qui ne savait comment passer l’obstacle des Européennes, lui était prêt à dire oui à tout. Pour Olivier Faure, il s’agit de ne surtout pas se compter au futures élections et d’attendre les élections municipales qui devraient permettre de démontrer que le PS n’est pas mort et enterré.

L’accord se fit donc, restait à lui trouver une story telling. On vit donc Raphaël Glucksmann annoncer sa liste Vendredi sur France Inter tout en se déclarant ouvert à un élargissement : « on tente tout pour faire bouger les choses » affirma-t-il sans rire, avant de ressusciter Nouvelle Donne comme partenaire possible en plus du PS. Dès le lendemain, emballé, c’est pesé le Conseil National du PS avalisait l’accord.

Certes cela tousse un peu et il faut reconnaître que le parcours politique de Raphaël Glucksmann vous fait passer celui d’Aurore Bergé pour un modèle de cohérence et de continuité : soutien public de Sarkozy en 2007, « fier de l’élection d’Emmanuel Macron » en 2017, le voilà donc incarnation d’une social-démocratie rénovée.

Avec dignité, Thomas Pocher, un des trois fondateurs de Place Publique vient d’annoncer qu’il claquait la porte en déclarant au JDD : « Je n’ai pas envie de servir de caution de gauche au PS, ni que Place publique soit le nouvel emballage d’un produit périmé ».

Guillaume Liégard

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